Je suis écrivain, et vous l’êtes sans doute aussi

CyrilBTS – Behind The Scenes, Opinion

Ne m’en veuillez pas si j’ai perdu la référence exacte, mais j’ai lu quelque part que l’on devient un écrivain à partir du moment où on le décide. On le décide, et on se met à écrire. Et l’on est écrivain, au sens le plus dénué du terme. Est-il besoin d’attendre d’être publié pour se sentir écrivain ? D’avoir vendu plusieurs milliers d’exemplaires ? D’avoir reçu un prix littéraire ?

Non. On est écrivain lorsqu’on écrit.
C’est ce que j’aime dans cette assertion: un jour, je me suis mis devant mon clavier, et j’ai commencé à écrire les histoires que j’aurais aimé lire. Et j’y ai pris (beaucoup) de plaisir. Et cent trente mille mots plus tard, j’avais le premier jet d’un roman. Alors, oui, disons que je suis un écrivain, en dépoussiérant ce nom commun de tout le côté pompeux que l’on pourrait y mettre.
Après tout, pourquoi s’embarrasser avec tout cela ? J’écris des histoires, j’y prends du plaisir: je suis un écrivain.

Comme tout écrivain, je suis avide de méthodes, trucs et astuces, conseils et façons de faire que je peux trouver auprès des autres, et internet est une mine d’or de ce point de vue. C’est aussi ce qui est intéressant dans tout travail d’écriture: comment améliorer les choses, comment enlever la friction, comment développer ses idées pour en faire une histoire intéressante ?

Parfois, l’on tombe sur des pépites. La lecture de Steal like an artist, de Austin Kleon, m’a amené à suivre ses projets, parmi lesquels son prochain livre: Show your work.

Déclic.

Ce qui a opéré en quelque sorte un déclic: j’ai compris en le lisant son idée qu’en montrant comment je travaille, en laissant le backstage ouvert aux autres, je peux probablement aider quelqu’un, et surtout, provoquer une interaction et une discussion constructive autour de l’écriture, et ainsi en tirer de nouvelles idées pour améliorer mon travail.
Au bénéfice de tous.

En me disant qu’au pire, cela ne fera qu’un superbe carnet de notes pour suivre l’évolution de mes habitudes d’écriture. Car vous le savez déjà, ce qui est passionnant là-dedans, c’est qu’on n’est jamais “arrivé“.

En discutant avec David, l’idée de créer une série d’articles ici, sur ce site consacré à la SF, mais aussi à l’écriture au sens plus général, a fait de solides racines. Toutes ces idées se rejoignent, et c’est aussi l’idée derrière OLSF: parler de SF au sens le plus large, mais aussi parler de ce qui nous plait. L’écriture en fait partie, alors allons-y !

Ecrire.

Vous avez donc devant vous le premier d’une série d’articles où nous espérons exposer à nu nos réflexions, nos angoisses et nos retenues, nos petits succès, en bref, ce qui rend cette vie d’écrivain aussi intéressante. Pas de chichi, mais, espérons-le, on pourra suivre une ligne rouge tout au long de l’évolution de ces articles : le plaisir d’écrire.

Réduire les frictions pour écrire

CyrilBTS – Behind The Scenes, Opinion, outils

Comme vous, j’ai suivi les discussions de nos amis d’urbanbike et de tiaaft sur les outils d’écriture et le système MultiMarkdown et fichiers textes.
Et je dois dire que j’aime bien la tendance et les explications données ces temps-ci: il s’agit, avant tout, d’utiliser l’outil qui nous convient le mieux pour “coucher les idées sur le papier”.
CQFD.

Et dans cet esprit, j’ai moi aussi mis un certain temps à trouver les outils qui me conviennent, ceux-là même qui sont propices à enlever le plus de friction entre mon esprit (tordu) et mes écrits.
Le choix de tout conserver en un format susceptible de durer dans le temps et d’être lisible sur toute plate-forme m’a orienté vers le .txt et le formatage MultiMarkdown (et dans une certaine extension, vers Critic Markup pour l’édition de certains textes). Et tout comme Jean-Christophe ou David, mon outil varie avec le temps et les nouveautés, pour autant qu’il ait les conditions sine qua non (markdown ou MultiMarkdown, Dropbox ou iCloud, esthétique non distrayante). C’est en tout cas vrai pour les textes courts, comme les articles pour ce blog, certaines notes et recherches personnelles, ainsi que les textes qui deviendront plus longs par la suite (mais je ne le sais pas encore !).

Daltonisme selon wikipedia

Au-delà de ces considérations techniques, je reste attaché à une certaine esthétique dans le choix de ces programmes, le but étant encore d’enlever la friction.
Et si certains sont dyslexiques, et peuvent donc être aidés par l’emploi de certaines fontes par exemple, j’ai moi aussi une tare visuelle: je suis dyschromatopsique, ce qui revient à dire que je suis daltonien, dans une certaine mesure.
D’après Wikipedia, ce que tout le monde voit en haut, et ce que je vois en bas. En tout cas, une bonne approximation. 

Alors, nous parlons ici de texte, et j’en vois au fond de la salle (c’est facile: vous êtes deux à me lire) qui se demandent ce que cela a voir avec l’écriture et les outils pour coucher des idées sur le papier (comprendre: sur l’écran).

C’est simple: certaines interfaces et certains choix de couleur me fatiguent rapidement (visuellement)1.

Logo de Solarized

Entre en scène Solarized.

Créé par Ethan Schoonover, il s’agit d’une palette de 16 couleurs que l’on peut adapter partout. Le choix de ces couleurs a été fait avec beaucoup d’attention.

Solarized is a sixteen color palette (eight monotones, eight accent colors) designed for use with terminal and gui applications. It has several unique properties. I designed this color scheme with both precise CIELAB lightness relationships and a refined set of hues based on fixed color wheel relationships. It has been tested extensively in real world use on color calibrated displays (as well as uncalibrated/intentionally miscalibrated displays) and in a variety of lighting conditions.

Ce thème me permet de rester de longues heures devant mes textes, dans un confort largement amélioré par rapport au classique noir sur fond blanc, par exemple.
Pour information, le thème existe en version “nocturne”.

Disponible gratuitement, Solarized est facile à installer puisque des versions existent pour chaque logiciel (ou presque) et que, de toute façon, il ne s’agit “que” d’une palette de couleurs.


  1. Certains éditeurs à l’interface léchée atténuent largement celle fatigue. Je citerais [iAWriter][iawriter] et [ByWord][bywordapp].

Comment Cory Doctorow fait-il pour être aussi productif ?

CyrilInspiration

Cory Doctorow est un journaliste, écrivain et activiste internet d’origine canadienne. Il vit actuellement à Londres, et c’est l’un des écrivains les plus prolifiques que je connaisse, avec par exemple Fabrice Colin.

Il était l’invité de Glenn Fleishmann lors d’un récent podcast (New Disruptors podcast), durant lequel il a répondu à quelques questions sur sa productivité, notamment: quel est votre secret pour produire autant ?1

Portrait de Cory Doctorow par Jonathan Worth

Sur le secret de sa productivité, il répond donc:

  • Dire beaucoup non, c’est-à-dire décider et choisir sur quoi l’on veut travailler
  • Apprendre à écrire dès qu’un moment se présente
  • Avoir un objectif journalier en termes de mots à écrire
  • Savoir s’arrêter au milieu (d’une phrase, d’un paragraphe, une fois le nombre de mots décidé atteint)
  • Choisir un objectif modeste, mais l’atteindre tous les jours
  • Par incidence, écrire tous les jours, donc développer une habitude de l’écriture

D’après Doctorow, développer cette habitude d’écrire tous les jours, et surtout écrire (facilement?) lui est venu à partir du moment où il a réalisé que sa satisfaction avait beaucoup plus à voir avec son système endocrinien et son taux de glucose dans le sang qu’à voir avec les mots qu’il venait d’écrire. Aussi séduisante que peut l’être l’idée de “l’inspiration”, celle-ci n’a probablement rien à voir avec la qualité de votre travail.

Le reste du podcast est plutôt orienté sur la publication online, les ebooks et les questions économiques autour du partage et de la disponibilité de ses écrits online, entre autres choses. Des notes tirées du podcast sont disponibles sur le site de Glenn Fleishmann.

Pour ma part, même si je ne suis pas encore publié, je trouve beaucoup de plaisir dans l’écriture. Et dans l’idée de toujours m’améliorer, il se trouve que j’applique quelques-uns de ces principes.

J’ai un day job, pour nourrir la famille (et parce que ce job est intéressant pour moi), et ce job est assez prenant, impliquant des gardes, des nuits et des déplacements. Tout cela participe du fait que moi non plus, je n’ai pas de cocon tranquille et sans bruits, ni de moment réservé, pour écrire. J’écris, comme Doctorow le faisait à l’époque où il travaillait pour la E.F.F., quand je peux, ce qui implique que je trimballe partout mon mac.

J’essaie également de développer cette habitude (certains diraient ce muscle) de l’écriture, tous les jours, quoiqu’il arrive. Et c’est vrai que cela facilite grandement l’écriture, dans le sens qu’en quelques semaines, il n’est nullement difficile d’atteindre le compte de mots que je me suis fixé.

Une petite différence, cependant: si je crois également qu’il faut s’arrêter au milieu d’une idée ou d’une phrase, parce que cela facilite la reprise de l’écriture le lendemain, j’ai tout de même du mal à avancer vite si je n’ai pas l’idée de ce que je vais écrire un peu en avance.

En gros, cela veut simplement dire que je fais partie des outliners, ceux qui ont du mal à écrire sans plan. D’où mon amour de Scrivener.

Mais plus sur ce sujet lors d’un prochain article.


  1. Ce ne sont que mes notes de “lectures” et pas une fidèle retranscription. Je vous invite à écouter le podcast dans son intégralité.

Scrivener – organiser la structure de ses textes

Cyriloutils

À partir d’une certaine longueur, tout texte a besoin d’une structure. C’est particulièrement vrai pour les textes longs (cela vous semble évident pour une thèse scientifique, par exemple), mais également pour tout travail de fiction, et cela va bien au-delà du simple découpage en chapitres.

Il existe différentes écoles pour structurer une histoire, et vous pouvez tomber sur des méthodes un peu partout sur internet. Mais que vous penchiez pour la structure en 7 points (exposée par Dan Wells) ou le développement d’histoire en 8 points (Randy Ingermanson), la nécessité de structurer son texte est là.

Et c’est l’un des (nombreux) points forts de Scrivener, puisque cet outil va être d’une grande aide pour travailler la structure d’un texte, quelle que soit sa longueur, offrant une vue aérienne du projet, et permettant de faire des modifications dans l’ordre des scènes, chapitres ou sections très facilement.

Usine à gaz, Scrivener ?

Mais l’interface de Scrivener peut vite faire peur et décourager le premier utilisateur, simplement devant l’ensemble (énorme) des possibilités offertes.

Scrivener, la première fois que l’on ouvre un projet.

Dans un précédant article, nous avons déjà vu qu’il est très facile de modeler le logiciel pour en faire ce que l’on veut, et simplifier grandement l’interface pour se concentrer sur la tâche.

Beaucoup mieux ! Notez les extraits de mon thriller, Ximera, à paraitre tout bientôt ! 

L’un des gros points forts de Scrivener est donc de vous laisser tous les outils pour élaborer finement la structure de votre texte, mais sans forcément qu’ils vous étouffent. Ils sont présents, et seulement si vous en avez besoin.

En termes d’organisation et de structure, différentes façons de penser le problème sont disponibles. Vous pouvez utiliser le corkboard (littéralement: “tableau de liège”) sur lesquelles viennent s’épingler différentes cartes (avec des titres ou des mini-synopsis), cartes qui correspondent aux différentes sections (ou chapitres) de votre texte, ou bien l’outliner, étant donc un plan plus ou moins détaillé du projet.

Outliner ou Corkboard – Mode plan détaillé ou post-it épinglés.

Certains auteurs fonctionnent beaucoup avec ce genre de tableau, sous cette forme ou celle de post-it, par exemple, pour avoir une vue d’ensemble du projet, et donc avoir une idée générale de la structure, du rythme, de l’utilité de chaque scène. Et ce, d’autant plus que d’autres informations sont disponibles grâce à l’inspecteur (pour mémoire : ⌘-⌥-I pour le masquer ou le montrer).

En 1, un synopsis de la fiche séléctionnée (qui peut être générée automatiquement), et en 2, les notes associées au document.

Une autre façon de voir les choses est sous la forme d’un outliner, forme de plan détaillé que j’utilise plus souvent, simplement parce que cela correspond mieux à ma façon de penser mon histoire.

Ici, j’ai masqué l’inspecteur, et je me concentre uniquement sur les scènes (ou chez moi: les chapitres), avec un petit synopsis pour chacun, le point de vue (POV), le statut de la scène en question, et toute option que je souhaite voir dans cette vue.

Ici comme ailleurs dans le logiciel tout est personnalisable, dans le menu View > Outliner Columns.

Bien entendu, rien ne vous empêche d’utiliser les deux systèmes, ou de passer de l’un à l’autre selon vos besoins. Ce ne sont finalement que des façons différentes de présenter la structure de votre document, disponibles à portée de clic.

Simplifier

Il est vrai que l’interface peut faire peur, et particulièrement si l’on ne parle pas l’anglais (encore qu’une version francisée est en préparation). Mais l’idée ici est de servir l’auteur, et une fois que l’on a configuré la vue de l’outliner comme on le souhaite, on a plus a y revenir, et travailler le texte en lui même devient, du coup, beaucoup plus facile.

Ainsi, dans ces deux modes de vue, il suffit de cliquer et glisser une scène entre deux autres, ou encore de sortir une scène inutile de l’ensemble du texte, en bref, déplacer, supprimer ou rajouter des bouts de textes de chapitres, de scènes, et se concentrer sur l’histoire à raconter et pas sur une interface.

Sans compter que tout est sauvegardé. Même si vous jetez une partie de votre texte, tout est conservé et vous pourrez le retrouver dans la corbeille du logiciel.

On peut donc, en toute liberté, modifier la structure profonde de l’histoire, juste pour voir si cela fonctionne mieux, aérant tel chapitre, regroupant tel et tel événement.

Un vrai régal.

Pour la petite histoire, la première partie de Ximera était rédigée dans Pages, et au bout de 75000 mots (grosso modo 250 pages pour les gens ne parlant pas le “mot compté”), déplacer un simple paragraphe d’un endroit à l’autre du texte était pour le moins épique. Puis j’ai découvert Scrivener, ce qui a grandement facilité mon travail (dans le sens “enlever de la friction”).

Spliter, merger (ou l’art de franciser des mots anglais)

Oui, mais si je veux tout réorganiser, couper un chapitre en deux, coller deux bouts de textes et pas simplement déplacer un chapitre entier ?

Ici encore, des petits raccourcis clavier peuvent sauver bien du temps.

Je me rends compte qu’un chapitre est trop long, je souhaite en faire deux chapitres distincts. Il suffit de placer mon curseur à l’endroit de la séparation:

Puis ⌘-K, pour me retrouver avec un nouveau chapitre (que je dois renommer).

Pour faire l’inverse, je sélectionne deux chapitres (sections, morceaux de texte, comme vous voulez)

Puis ⇧-⌘-M, pour en faire un chapitre unique.

Simple. De quoi se concentrer uniquement sur l’histoire à raconter, son rythme, sa structure.

Au final

Scrivener peut se configurer aussi bien en un “lieu” d’écriture minimaliste, pour se concentrer, quelle que soit la longueur de son texte. Et dès que les choses ont besoin de structure, ce logiciel devient indispensable, et les outils sont à disposition, simplement “cachés” pour ne pas me distraire.

Comme il est tout à fait personnalisable, c’est à vous d’en faire votre outil d’écriture.

Alfred 2.0 workflows

Cyriloutils

Alfred est un accélérateur de productivité. Le genre d’application qui est devenue indispensable au jour le jour, et de plus en plus depuis la toute dernière version (il est récemment sorti en version 2.0. Et cette nouvelle mouture apporte pas mal de choses, que vous pouvez apprécier chez d’autres qui font les revues de logiciels beaucoup mieux que votre serviteur.

Dans le cas de la productivité sur le Mac (et en général), il s’agit ni plus ni moins d’enlever tout ce qui “freine à faire quelque chose ». Enlever la friction dans les petits gestes de tous les jours. Suivant cette idée, j’essaie, par exemple, de me servir le plus possible de raccourcis clavier. Le temps perdu à atteindre la souris ou le trackpad, déplacer le curseur, cliquer sur un menu et choisir l’item adapté dans le menu, multiplié par le nombre de fois où j’ai besoin d’activer la commande en question dans l’année me fait perdre, au final, un temps qui peut facilement se compter en heures. Si une combinaison de deux ou trois touches aboutit à la même action en quatre fois moins longtemps, je suis gagnant. Et c’est tout l’intérêt d’applications (gratuites) comme Alfred.

Et dans le cadre de l’automatisation des tâches courantes sur le Mac, la version apporte une amélioration incroyable: les workflows. En deux temps trois mouvements, n’importe qui peut se programmer une suite d’actions plus ou moins complexes, déclenchées par un raccourci clavier et une commande.

Par exemple, j’utilise presque tous les jours une petite application qui me permet de désactiver le screensaver, bien nommée Caffeine.

Et bien, ⌘-ESPACE, puis je tape caf

et Entrée pour confirmer : Caffeine est activée. La même séquence, mais fn-Entrée pour désactiver l’application.

Autre exemple: lorsque je vais dans mon café favori, je ne suis pas assez stupide pour me connecter au WiFi public sans activer un VPN.

⌘-ESPACEvpnEntrée me connecte au premier VPN dans la liste des serveurs que j’ai configurés.

et fn-Entrée pour déconnecter le VPN.

Cela n’a l’air de rien, mais ce ne sont que deux exemples parmi des dizaines. Des workflows plus complexes sont publiés tous les jours par la communauté d’utilisateurs d’Alfred, communauté très dynamique. Ainsi, en deux touches, on peut commander iTunes, Spotify, piloter les mises à jour de Chromium (remerciez Greg), faire des recherches sur Youtube ou PirateBay, dans Evernote ou dans Mail.app, créer un Rappel, et j’en passe.

Un article de Cult of Mac liste quelques-uns des workflows parmi les plus intéressants.

En moyenne, j’ai utilisé 14308 fois Alfred dans l’année, sois 39.2 fois par jour (et ce n’est qu’une grossière estimation: j’ai perdu mes statistiques d’utilisation en passant de la v1 à la v2). Si l’on dit que je mets 2 secondes pour faire ce qui me prendrait 5 secondes en cliquant, j’ai gagné 12 heures dans l’année, soit 7 jours en 5 ans d’activité (pour une durée de travail journalière suisse).

Ces raccourcis sont tellement utilisés qu’ils sont gravés dans ma mémoire: lorsque je me retrouve face à un Mac où Alfred n’est pas installé, je bloque…

Indispensable.

Si mes (minuscules) essais pour commander Caffeine ou le VPN vous tentent, ils sont en téléchargement libre ici et .

Scrivener – environnement minimaliste de travail

Cyriloutils


Au fil des ans, Scrivener est devenu mon outil de prédilection dès qu’il s’agit de coucher des mots « sur le papier ». Pour être plus précis, si je ne suis pas sur l’un de mes ordinateurs mobiles (comprendre: iPad ou iPhone) et que ce que j’écris va dépasser la petite centaine de mots, cela va se passer dans Scrivener.

Organiser et réorganiser mes textes, lister et stocker des idées, conserver mes recherches (et les rendre accessibles, trouvables en trois clicks, exportables), depuis la liste des articles pour le blog jusqu’aux romans de plus de 120,000 mots, tout passe maintenant par cet outil, qui rend simplement la vie d’auteur plus facile.

Se concentrer sur ses idées

J’ai aussi appris à apprécier un environnement minimaliste pour me concentrer sur mes idées et mon texte, et réduire le risque d’être distrait par une interface complexe ou des couleurs vives.

Le succès de logiciels comme ByWord ou iAWriter, qui sont des traitements de textes dépouillés (au bon sens du terme) est compréhensible de ce point de vue. Je les utilise d’ailleurs encore souvent pour des textes courts, ou encore sur mes iAppareils.

Mais je reviens vers Scrivener dès qu’il s’agit d’organiser mon texte, d’avoir des références sous les yeux, ou simplement d’avoir la structure complète d’un projet plus complexe directement à l’écran, dans le même outil d’écriture qui me permet de travailler mes idées.

Scrivener, un outil d’écriture très complet

Seulement voilà: Scrivener peut aussi s’avérer très complet et complexe (pour être juste, si l’utilisateur le veut !)

img scrivener complet tout affiché

Scrivener, toutes voiles dehors. 

Et ceci d’autant plus que l’interface n’est pas (encore) francisée.

L’intérêt de Scrivener n’est plus à démontrer (peut être fera-t-il le sujet d’un nouvel article, plus généraliste), mais dans cet environnement complet, comment puis-je retrouver ce côté minimaliste, à mon goût, et qui me permette de rester concentré sur mon histoire, et de simplement transférer ce que j’ai dans ma tête vers mon fichier texte ?

Unclutter

Unclutter, que l’on pourrait traduire librement par simplifier.

Scrivener propose une première solution simple, probablement initiée par ByWord: le mode composition (chez ByWord, on parlerait simplement de plein écran).

Scrivener en mode plein écran. Ne prêtez pas attention au texte insipide et bourré d’erreurs et de fautes que vous voyez s’afficher: il s’agit d’un brain dump

On peut l’activer soit par le menu View > Enter Composition Mode, soit par le raccourci clavier ALT-⌘-F.

Ici, tout est personnalisable.

À commencer par la police. Personnellement, je préfère écrire en police à espacement fixe, et je suis tombé en amour devant la police utilisée dans iAWriter : Nitti Light, aussi l’ai-je installée dans les paramètres par défaut.

Modifier la fonte d’affichage du mode d’édition reste simple: il suffit de faire un petit tour par les préférences de Scrivener, sous l’onglet Formatting, puis sur le A qui symbolise le choix des polices.

Là, la fenêtre système de choix de police s’affiche. Il ne reste qu’à choisir la fonte, la taille, éventuellement la couleur si vous souhaitez la modifier.

Le reste des options est accessible directement depuis le mode composition (à ne pas confondre avec le mode plein écran de Mountain Lion, CQFD). Si je glisse ma souris vers le bas, une barre de contrôle apparait.

Tout est réglable, avec, dans l’ordre, le zoom, la position de la page, la largeur de celle-ci, et même l’opacité du fond.

Se situer dans la structure d’un texte

Sur des textes plus longs, j’ai souvent besoin de faire référence à des points situés plus tôt dans l’histoire, ou encore de situer la scène dans la structure du document complet. La magie de Scrivener opère, et je peux facilement accéder à ces outils que sont le Binder ou l’Inspecteur (avec ses notes et ses options) en un coup d’œil.

Mais la barre d’outils, avec ses icônes colorées, la barre de mise en forme du texte ou bien même le Binder avec ses onglets vifs peuvent vraiment être une source de distraction.

Enlever ce dont on n’a pas besoin

C’est aussi la force de cet outil: on peut en faire ce que l’on veut. Aussi, virons tout ce dont nous n’avons pas besoin !

Ma police de travail, sa taille et sa couleur ont déjà été choisies dans les préférences. Je n’ai donc pas besoin de la barre de mise en forme, surtout que celle de mon texte de sortie peut être complètement différente (et ce sera le sujet d’un prochain article).

⇧-⌘-R ou le menu Format > Hide Format Bar permet de cacher (ou montrer) la barre de mise en forme.

Tant qu’on y est, je n’ai pas besoin non plus de la règle : ⌘-R ou le menu Format > Hide Ruler, et voilà.

Masquons la barre d’outils multicolore: un clique dans la barre d’outils, et j’ai l’option Hide Toolbar.

Et puis masquons ou affichons le Binder et l’Inspector à la demande :

  • ⌥-⌘-B pour cacher ou afficher le Binder
  • ⌥-⌘-I pour cacher ou afficher l’Inspector

Interface minimaliste

Voilà, j’ai donc une interface minimaliste, me permettant de me concentrer sur mon texte, mes idées, ou mon histoire.

Et d’un ou deux raccourcis clavier, je peux voir où j’en suis dans mon histoire par exemple en affichant le Binder , ou encore les notes associées à ce chapitre particulier en affichant l’inspecteur.

Quelque part, c’est le meilleur des deux mondes: la simplicité d’un outil de saisie à la ByWord ou iAWriter, et les boites à outils de l’auteur fournies par Scrivener à portée de raccourci clavier.