Créer un ebook : les services disponibles, la couverture et la qualité du texte

Cyril BTS – Behind The Scenes, outils

Si le travail d’écriture, dans son ensemble, est pour moi le plus passionnant (citons la planification, les recherches nécessaires à chaque histoire, le dialogue avec les beta-lecteurs, et j’en passe), l’autre partie du chemin, qui est d’aller à la rencontre de ses lecteurs, représente un sacré boulot que je n’aurais peut-être pas découvert de la même manière sans avoir fait ce choix de devenir un auteur indépendant.

Découvrir et apprendre tout ce qui est nécessaire dans la boite à outils de l’auteur indépendant est aussi passionnant, et sans nul doute, j’y ai pris pas mal de plaisir. Heureusement, on trouve beaucoup d’aide sur le net, en revanche, cette aide est le plus souvent en langue anglaise. Encore une fois, les anglophones ont pris pas mal d’avance de ce côté là. J’ai la chance de pouvoir lire l’anglais sans difficulté, mais j’imagine que ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde.

Avec toute cette aide, je n’ai pas rencontré d’énormes difficultés pour éditer et publier Ximera, et je suis assez satisfait du résultat, mais en discutant avec d’autres auteurs indépendants, je me suis rendu compte que sans cette aide anglophone, la démarche est beaucoup plus compliquée.

De là nait cette idée de rubrique “auteur indépendant” sur le blog, dans laquelle j’ai l’intention de décrire ma démarche depuis la fin de l’écriture du manuscrit jusqu’à recevoir l’exemplaire à la maison. Et surtout de décrire les erreurs que j’ai pu faire au fur et à mesure de ce parcours ; parce qu’on apprend beaucoup plus de ses erreurs (ou des erreurs des autres). Je suis certain de ne pas être le seul ni le premier avec une telle rubrique (jetez un oeil du côté de Jacques Vandroux, ou encore chez Chris Simon), mais on peut apprendre de l’expérience de chacun, alors voici ma petite pierre à l’édifice.

Ecrire est mon truc, c’est là que je prends du plaisir, que je m’épanouis, et comme déjà écrit ça et là, c’est un domaine dans lequel j’essaie constamment de m’améliorer. J’entends une petite voix au fond dire qu’il y a encore du boulot (rassurez-vous : j’en ai conscience), mais cela ne doit pas m’empêcher de faire connaitre mon travail. Et quand je vois les retours que l’on me fait pour Ximera, je me dis que, rien que pour cela, cela valait le coup de “prendre le risque” de le publier.

Disclaimer: beaucoup de ce que je vais décrire dans ces articles est basé sur Scrivener, tout simplement parce que j’ai choisi de travailler avec ce logiciel… Je ne fais que décrire mon expérience, et je suis certain qu’il y a d’autres méthodes, logiciels et façons de faire pour publier un ebook. Considérez donc ici, une façon de faire, non-exhaustive, loin d’être parfaite.

Les services disponibles

La toute première étape à laquelle j’ai du me frotter a été de choisir sur quelle plateforme publier. Je souhaitais que le livre soit disponible en ebook, mais je voulais aussi pouvoir offrir aux lecteurs une version brochée dont la qualité devait être égale à ce qu’on peut trouver en librairie. En fait de choix, mes lectures anglo-saxonnes me poussaient naturellement vers la plateforme Amazon, et ce n’est pas un mauvais choix en soi puisque c’est la première plateforme de vente en ligne.
Un peu plus tard, j’ai choisi de publier également sur Kobo, iBooks et Sony eReader, par l’intermédiaire de Smashwords, mais je reviendrais sur ce point.

Amazon, donc, reste le premier choix, tout simplement parce que l’on touche plus de lecteurs potentiels. Mais il y a aussi d’autres avantages : on peut mieux contrôler les étapes essentielles de la publication – citons la date, le résumé, les prix, les catégories ; Amazon reste également le meilleur moteur de recherche de bouquins.
Trouver un livre sur leur système n’est qu’une affaire de renseigner le titre, l’auteur, ou au pire de fouiller dans les catégories. D’autres plateformes ne proposent pas ces choix, et il est virtuellement impossible de trouver le livre d’un auteur inconnu (moi) sans en connaitre le titre ou l’auteur sur des sites de vente comme iBooks ou Kobo. Vous êtes astreint à naviguer page par page, et ce n’est pas le meilleur moyen de faire découvrir votre livre.
Sur Amazon, si vous recherchez une catégorie assez spécifique, vous pouvez très bien faire remonter votre livre dans les premières places. Pour l’exemple, si vous recherchez un thriller technologique sur Amazon, vous tomberez sur Ximera dans la première page ; je trouve que c’est un avantage non négligeable (doux euphémisme) pour un jeune auteur qui manque surtout de visibilité.

KDP était donc ma premier choix, mais je souhaitais être présent sur les autres plateformes tout de même. J’ai choisi Smashwords qui, par leur système Premium, permet d’atteindre iBooks, Scribd, Oyster, Kobo etc. L’inconvénient de Smashwords étant de devoir leur transférer votre texte au format .doc (j’y reviendrais).

OK. Amazon, par son système KDP (Kindle Publishing Platform) , était donc mon premier choix pour publier l’ebook. J’ai créé un compte KDP sur cette page, puis j’ai suivi leurs instructions plutôt bien détaillées.

Un bref tour des différents blogs, à la recherche de conseils, me donne quelques points à vérifier:

  1. Avoir une couverture qui déchire
  2. Avoir un texte de qualité
  3. Faire un formatage impeccable

La couverture

Il ne faut pas se leurrer : la couverture est la première impression donnée à votre futur lecteur, il ne faut pas la négliger. C’est ce qui va lui donner envie d’en savoir plus. On entend souvent qu’on ne juge pas de la qualité d’un livre à sa couverture, et ce n’est que partiellement vrai. La couverture va attirer le lecteur vers votre livre, il va peut-être lire le résumé, et seulement là, s’il décide d’acheter, aura-t-il accès à votre texte, et il pourra alors seulement juger l’histoire en elle-même.
On prendra donc soin d’avoir une couverture qui ressorte parmi les autres, qui corresponde au thème du livre ou de l’histoire, qui “donne envie”. Personnellement, j’ai du mal à comprendre pourquoi les couvertures françaises sont plutôt ternes (surtout en comparaison avec les couvertures anglaises et américaines), je pense qu’il faut apporter du soin à cet aspect.

Ici il n’y a pas trente-six solutions. Soit vous savez faire (vous maitrisez Photoshop, Pixelmator, Gimp ou autres éditeurs d’images), et dans ce cas vous pouvez vous lancer, soit vous avez un doute, et il vaut mieux faire appel à un professionnel. Je suis du genre à vouloir tout contrôler, c’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont fait faire ce choix d’auteur indépendant ; je fais donc mes couvertures de A à Z (mais avec les conseils avisés d’un entourage bien choisi).

Mais il est fort possible que ce ne soit pas du tout votre truc, dans ce cas là, tournez-vous peut-être vers des forums de graphistes comme cfsl.net, par exemple.

Si vous choisissez tout de même de faire votre couverture, essayer de trouver des exemples qui vous plaisent dans la catégorie de votre livre (sur Amazon par exemple) et inspirez-vous-en. Gardez en tête quelques concepts simples : la couverture doit rester lisible aussi en version miniature (en gros, à la taille de la miniature Amazon), les meilleures couvertures jouent sur les contrastes (fonds sombres et titres clairs, et inversement, choix de couleurs comme les bleus-verts et les oranges… Il faut que “ça pète” !). Enfin, choisissez des typos simples et modernes et surtout adaptées au genre de votre livre.

La qualité du texte

Je ne compte pas discuter de la qualité littéraire ou de l’histoire en soi, ou des personnages. Tout cela, vous y avez mis votre coeur et toute votre énergie, et si vous êtes prêt à publier, c’est que votre histoire tient la route.
En revanche malgré tout le soin que vous pourrez y apporter et les relectures, vous ne pourrez pas éviter une myriade d’erreurs. On parle ici de fautes d’orthographe et de grammaire, de coquilles et de fautes de frappe, d’inversion de personnages, etc.

Faire les relectures soi-même est réellement difficile, parce qu’ au bout d’un certain temps à avoir la tête dans le guidon, on ne voit plus ses propres fautes. Comme le dit assez justement David Hewson, au bout de trois ou quatre relectures, votre cerveau saute automatiquement ces erreurs et vous ne les voyez plus.
L’utilisation d’aides logicielles comme Antidote ou ProLexis par exemple est un plus, mais cela ne débusque pas toutes les erreurs.

À mon avis, l’aide d’un relecteur/correcteur extérieur est absolument nécessaire. Pour Ximera, j’ai utilisé mes proches, certains amis et des gens qui m’ont proposé leur aide. Je ne saurais dire combien de lectures et relectures et corrections j’ai faites sur ce manuscrit de 116’000 mots. Et malgré cela et les centaines de fautes débusquées au cours de ces lectures, une fois publié, j’ai encore quelques lecteurs qui me signalent gentiment certaines coquilles.

Pour mes prochains projets, je propose ces textes à des correcteurs un peu plus professionnels, en espérant aller vers toujours plus de qualité.

Je me rends compte qu’on atteint déjà les 1200 mots, ce qui fait 5 à 6 minutes de lecture pour cet article. On me glisse dans l’oreillette que le lecteur moderne s’impatiente vite, aussi je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, mais revenez vite pour voir quelques détails sur le formatage de l’ebook dans mon prochain article auteurs indépendants.