De l’importance de la régularité dans l’écriture

Cyril BTS – Behind The Scenes, Inspiration, outils

Aujourd’hui, 1er novembre est le début du National Novel Writing Month, NaNoWriMo, pour les intimes.
Il s’agit donc d’écrire, en trente jours, 50,000 mots. Quelle que soit la qualité, quelle que soit l’histoire. L’idée est juste de réussir à écrire ces 50,000 mots en trente jours.

Et c’est vrai que si vous voulez réussir, mieux vaut se préparer un petit peu. David en a parlé ici, sur OLSF, en se concoctant un plan de travail (duquel il a déjà commencé à dévier, ce qui est normal: on parle d’écriture créative, voyez-vous).

Alors on peut se poser la question de la légitimité du NaNo: à quoi cela peut bien servir ? Si on se fout de la qualité, à quoi bon, quel est l’intérêt ?
Questions légitimes, je me les suis posées également.

Créer une habitude.

Quand on commence à regarder un peu comment les autres font, que l’on recherche des conseils en écriture, sur les méthodes et sur les façons de faire, un conseil émerge du lot, parce qu’il revient vraiment très souvent.

Je vous le donne dans le mille: ce conseil, c’est d’écrire tous les jours.

Fabrice Colin (l’un des auteurs les plus prolifiques que je connaisse) a dit “pas un jour sans une ligne”. Stephen King écrit tous les jours, malade ou pas, saoul ou sobre, jour de fête ou non, il en parle notamment dans son livre On Writing.
Jean-Christophe Grangé a développé le même genre d’habitude. Maxime Chattam, Bernard Werber. Tous écrivent tous les jours.

Lorsque l’on demande à Cory Doctorow quel est le meilleur conseil qu’il a jamais reçu par rapport à l’écriture de fiction, il a la même réponse:

If there’s one thing that made me a “writer” and not just a guy who manages to turn out some fiction now and again, it was getting into the habit of writing every day, whether I felt “inspired” or not.

Ce qu’on pourrait traduire par:

S’il est quelque chose qui a fait de moi un “écrivain” et pas seulement un type qui arrive à produire un peu de fiction de temps à autres, c’est d’acquérir l’habitude d’écrire tous les jours, que je me sente inspiré ou pas.

Et je suis persuadé que c’est l’un des “secrets”. Et donc, je suis convaincu de l’intérêt du NaNoWriMo au moins pour cela. Écrire tous les jours, parce qu’on est motivé à y arriver, à coller à ce but d’atteindre les 50,000 mots dans le mois, va au minimum créer cette habitude d’écrire tous les jours.

Et c’est probablement la meilleure chose qui soit lorsque l’on veut écrire. C’est aussi un moyen de s’améliorer, car plus on écrit, plus on s’améliore. C’est l’idée des 10,000 heures pour arriver à maîtriser un sujet (mais peut-être que cela fera l’objet d’un autre article).

Du coup, je ne peux que comprendre et supporter la participation de David.

Du coup, tu le fais, toi aussi ?

Et non.
D’une part, j’ai réussi à développer cette habitude, et j’arrive (à ma grande satisfaction) à écrire tous les jours, mais en ayant un objectif journalier bien moindre, puisque fixé à 500 mots par jours (de fiction, s’entend).
Cet objectif est bien adapté à mon mode de vie et à mon travail “alimentaire” (j’y reviendrais), et en même temps ne me permettrait pas d’atteindre les 50,000 du NaNo.

Et d’autre part, je suis déjà en plein milieu (43,000 mots) du premier jet d’un roman YA qui devrait en compter 60,000 ou 70,000.

Donc non, pas cette année. Mais je vais suivre avec un grand intérêt le parcours de David, et je vais l’encourager (et je pense que vous devriez vous aussi le faire).

Est-ce que le NaNoWriMo est pour vous aussi ? Si vous souhaitez développer cette habitude d’écrire tous les jours, rien que pour cela, je pense que cela vaut le coup. Car il faut bien se lancer.

Rappelez-vous: comme le dit si bien Doctorow, on développe les habitudes gratuitement. Pourquoi s’en priver ?