Fiction sérialisée, format court et Timeskippers

Cyril BTS – Behind The Scenes

Alors, j’ai mis en place des barres de progression montrant où j’en suis de mes projets d’écriture. Cette barre est mise à jour aussi souvent que possible (on va dire quotidiennement). Elle est là beaucoup plus pour me motiver moi que pour la demi-douzaine de lecteurs du blog. J’utilise la même technique en tweetant mon daily wordcount, tout cela dans l’idée que cela agit comme un réflexe pavlovien, provoquant une récompense pour mon pauvre petit cerveau lorsque j’ai rempli mon objectif journalier. Chacun ses petites astuces, mais je crois beaucoup à l’idée de créer cette habitude d’écriture:

Plus j’écris, mieux j’écris. Mieux j’écris, mieux je me sens. Mieux je me sens, plus j’écris. CQFD.— Cyril Vallée (@_cyrilvallee_) 11 Février 2014

Mais sait-on jamais, si vous aviez envie de savoir sur quoi je travaille, un rapide coup d’oeil à droite de la colonne de contenus et vous verrez de quoi il retourne.

Ce qui m’amène vers un autre sujet : j’écris en ce moment une nouvelle qui ne devrait pas dépasser 17500 mots. Elle fera peut-être un peu moins. Mais je découvre ce format court, et je trouve pas mal de plaisir à essayer de “condenser” les choses pour les adapter à ce format. Poser un personnage, une ambiance, un peu d’épaisseur aux choses en beaucoup moins d’espace que je n’en ai sur un roman de 100,000 mots est un challenge très intéressant.
Plus j’avance dans l’écriture de Teddy Bear, et plus je lorgne du côté de Timeskipper, qui fait pile 100,000 mots, sous le prisme de la nouvelle. Je crois que les nouveaux formats – le web, les ebooks – permettent d’explorer à nouveau du côté du court, et du côté de la série.

Du coup, cette idée me tourne autour, et j’imagine déjà comment restructurer ce bouquin pour en faire une série de livres plus courts, dans les 25,000 mots, qui pourra pour chacun être lu individuellement, mais la série pourra aussi être accessible dans son intégralité, sous forme de bundle. Toute la difficulté consiste à réadapter mon arc narratif pour que chaque lecteur puisse trouver son plaisir dans la lecture de chaque mini aventure, en conservant tout l’intérêt si on lit l’ensemble comme un livre unique.

20 à 25,000 mots, cela représente quelque 70 pages, et je pense qu’il y a un lectorat pour cela. Allez voir le travail de Neil Jomunsi avec le projet Bradbury ; même si lui propose des histoires courtes indépendantes, il y a ici un pattern qu’on peut reconnaitre. Les gens ont moins de temps, ils ont moins d’argent aussi, donc moins les moyens d’investir pour lire. Je pense que moins d’un euro pour une heure ou deux d’aventures, avec la possibilité de poursuivre avec les personnages que l’on a aimés, ce peut être quelque chose où il y a de la demande.

Toute la difficulté, c’est donc de réadapter ce qui était au départ conçu comme un unique livre pour en faire une série de quatre ou cinq histoires indépendantes, mais qui, prisent dans leur ensemble, constituent un arc narratif qui reste intéressant.

J’imagine pouvoir proposer le premier de la série gratuitement, et du coup, les gens qui accrocheraient avec la série pourraient acheter les titres suivants, et même avoir le choix de prends l’ensemble de la série pour un prix compétitif.

C’est l’un des gros avantages d’être un auteur indépendant : on peut essayer différentes formules, une nouvelle façon de présenter des livres, proposer des histoires courtes, et même changer une couverture, un résumé un titre ; tout cela reste possible très rapidement puisque c’est fait en quelques clicks, et sans avoir à convaincre qui que ce soit dans une maison d’édition. On contrôle presque tout de ses créations.

Encore une fois, c’est peut-être l’un des meilleurs moments pour être un écrivant ; pour être un auteur.