La collecte d’idées pour écrire

Cyril BTS – Behind The Scenes, outils

Mine de rien, à force de faire des recherches et de m’intéresser aux méthodes employées par les autres, j’ai glané et piqué ça et là certains outils qui me correspondent bien dans mon fonctionnement et m’aident pour l’écriture ou ma créativité en général.
Le plus souvent, ces outils servent à contourner un problème auquel je suis confronté, et récemment, le commentaire d’un lecteur de OLSF pointait du doigt directement l’un de ces problèmes.

Que faire des idées qui [vous] viennent entre deux temps d’écriture: avoir de quoi les noter ? Essayer de s’en souvenir ?

La réponse est simple, et vous vous y attendez: oui, et oui.
Mais développons un peu plus le sujet.

Un problème de mémoire

L’un des problèmes auquel je suis confronté est la collecte des idées, ou plus précisément le fait que je ne me rappelle pas mes idées.
Vous savez sûrement ce que c’est: à un moment inopiné, mettons, pendant un footing, une idée me traverse l’esprit: idée d’article, développement d’une histoire, d’une structure narrative, vous voyez le topo. Pile au mauvais moment, ou dans la mauvaise situation ; en bref: la situation en question fait que, pour reprendre mon exemple, mon idée s’envole en même temps que mon rythme cardiaque.

La solution parait évidente: il faut noter cette idée au moment même où elle se présente, au moment où je l’ai. J’ai l’air d’enfoncer une porte ouverte ou de sortir une Lapalissade, mais croyez-moi: si je ne note pas ce fragment, il n’en reste rien en quelques minutes.

J’ai donc pris la décision d’avoir à tout moment de quoi consigner ces idées: un carnet et un stylo, mon iPhone, mon iTruc, un ordi du boulot (je m’envoie alors un mail), mon propre MacBook.
Si je reprends la situation du footing, je sais que je ne vais certainement pas transporter mon carnet pendant la course (quelle idée), mais que j’aurais mon iPhone, parce que j’utilise Runkeeper pour suivre mes progrès. Je n’hésite pas à m’arrêter quelques secondes pour noter (le plus souvent une note vocale)[^draft] la chose avant de continuer ma course et le fil de mes pensées.

Un problème de tri

La plupart des bonnes idées nous viennent à l’esprit sous forme de fragments, d’intuitions ou de petites étincelles. Beaucoup de ces idées peuvent traîner ainsi des mois ou des années avant de s’assembler en quelque chose d’utile, le plus souvent par la rencontre avec une autre idée.

Ces petits fragments sont très faciles à oublier. Vous êtes en train de lire cet article, cette petite étincelle clignote au fond de votre tête, et le temps de finir votre lecture, elle a disparu comme une bulle de savon qui éclate en quelques millisecondes.
Et le plus souvent, si jamais vous vous en souvenez, vous n’arrivez rien à en faire (dans l’immédiat), tant qu’elles ne s’insère pas dans un contexte plus large.

Le spark file

L’idée est donc de toutes les noter, les consigner au moment où elles apparaissent, petites étincelles, petites bulles de savon d’idées, et de les collecter ensuite dans un endroit unique.
C’est le spark file, littéralement “fichier à étincelles”, et c’est une idée empruntée à Steven Johnson.

En pratique, je note le bout d’idée, l’intuition, quoi que ce soit qui titille mon esprit fugace par le moyen que j’ai à ma disposition. À un moment de la journée (en général, en début de soirée), je reporte ces notes dans un fichier judicieusement appelé “SparkFile”, accessible depuis n’importe où (il est sur Dropbox, vous pouvez le mettre sur le nuage qu’il vous plaira). Ce fichier est unique, pour ne pas disperser tout cela au fil de différents carnets Moleskine ou dans DayOne, Evernote ou OneNote ou encore NVAlt. C’est un bête fichier texte, mais c’est toujours le même.

Pas d’effort particulier d’organisation, pas de tag, les entrées sont simplement datées.

Et tous les trois ou quatre mois, je relis tout le fichier.
C’est là le secret, c’est là que c’est efficace, parce que cela me permet de faire des liens, une intuition d’il y a six mois avec un bout d’idée de l’année dernière, etc. Vous voyez l’astuce. Ces fragments s’assemblent et parfois forment carrément un projet ou une structure bien établie pour une histoire.

Certainement, je lis et je relis plusieurs fois des dizaines et des dizaines de ces fragments qui ne me serviront peut-être jamais. Mais de temps à autre, et même plus souvent que ce à quoi je me serais attendu, je sors de ce fichier une belle idée, bien plus aboutie que ces petits fragments évanescents qui m’effleurent au fil de mes journées.

En conclusion

En conclusion, et en guise de réponse, oui, j’ai toujours de quoi noter, et oui, je note ces idées au moment ou je les ai, toutes, sans trier, sans considération aucune, et je les consigne dans un seul et unique endroit accessible depuis n’importe où.

L’astuce est vraiment de me servir de ce fichier, c’est à dire de le relire régulièrement.

[^draft]: Draft est ici d’une grande utilité, puisqu’il me permet de rajouter ma note, datée, directement dans mon fichier SparkFile, vous allez comprendre.