Résolution d’écrivain

Cyril Opinion

Je ne prends plus de « bonnes » résolutions depuis quelques années. Je n’y crois pas, je pense que se mettre en situation d’échec en se fixant des objectifs quasi-impossible à atteindre (cette année, j’arrête de fumer, procrastiner, Facebook, traîner sur Instagram, prenez votre plus beau crayon papier et rayez la mention inutile) n’est pas la meilleure façon de commencer l’année. Et puis, on a toujours envie d’en rajouter, et on se retrouve presque avec une liste qui noircit la première page entière de son carnet de notes tout neuf, inauguré pour la nouvelle année.

Bon, des résolutions, ça ne marche pas. (Ne prenez pas cela personnellement, en fait cela ne marche pas avec moi, j’imagine bien que certains on réussi à honorer certaines de leurs résolutions l’an dernier, kudos, mais bon. En général, je ne pense pas trop me gourer.)

Ok, mais alors, une résolution, une bonne, genre objectif SMART, bien formulée, claire et atteignable, ça me semble un peu plus réaliste.

Dont acte.

Alors, quelque esprit chagrin ne manquera pas de me signaler que, bon, on est un peu au milieu du mois de janvier, c’est peut-être un peu tard, tout ça.
Oui. Certes. Ne perdons pas de vue un truc essentiel : à la base, je suis français, donc d’un pays où l’on souhaite la bonne année à ceux qu’on croise jusque la fin février (ce n’est pas moi qui le dis, c’est Gad Elmaleh). Alors, je peux bien pondre ma résolution un 14 janvier. Why not ? Et puis, sait-on jamais, elle peut en inspirer d’autres. À commencer par moi, l’an prochain, quand je voudrais faire une espèce de bilan de l’année et que je voudrais trouver une nouvelle résolution.
Bref.

Ma résolution d’écrivain, version 2018 : finir les choses.

Finir les choses. Qu’on entame, s’entend. Ouch ! Ça fait mal. Comme par exemple cette série en cours, Lagrange, qui aurait dû s’achever début décembre ? Ou ce roman de fantastique YA, dont le premier jet est fini, mais qui attend sa volée de corrections et d’éditions. Je vais être obligé de le relire en entier juste pour savoir de quoi ça parle, tellement ce texte attend depuis longtemps. (Re-ouch ! On avait dit pas sous la ceinture, mais bon.)

Oui, j’ai une fâcheuse habitude de m’enthousiasmer pour le projet suivant avant d’avoir fini ce que je fais. C’est contre-productif, puisque du coup, j’ai bien plus de mal à terminer le projet en cours. Or donc, ma résolution d’écrivain sera celle de finir ce que j’ai commencé, c’est à dire de pousser le texte « dehors » : vers le lecteur, vers l’éditeur. Puis de passer au projet suivant (ce qui me fait penser aux règles de Heinlein dont j’ai déjà parlé sur ce blog.

Ou pour ne pas redire ce que Neil Gaiman avait bien résumé en 2013:

Écrire.
Finir les choses.
Continuer à écrire.